
On n’y penserait pas forcément, mais passer un week end à Caen, pour découvrir ses plus beaux bâtiments et ses musées, c’est une très bonne idée. La ville que l’on a pu penser entièrement détruite en 1944 et reconstruite après la guerre, recèle en réalité un très beau patrimoine ancien.
PROGRAMME DU WEEK-END
Jour 1 / Sur les traces de Guillaume le Conquérant
Personnage incontournable en Normandie, on croise Guillaume le Conquérant plus souvent qu’on pourrait le croire. Mais c’est à Caen que nous avons trouvé le plus de traces de ses constructions. C’était en 1060 et des poussières…
L’abbaye aux Hommes et l’Hôtel de Ville de Caen

Il n’y a pas une, mais deux abbayes à Caen ! L’Abbaye aux Hommes et l’Abbaye aux Dames. Ces deux grands monastères bénédictins ont été fondés vers 1060 par Guillaume le Conquérant et sa femme, Mathilde. L’idée était de réparer l’irrégularité de leur mariage, union que le Pape avait désapprouvée. L’histoire ne dit pas si le pape était satisfait !
Notre première matinée est consacrée à l’un des bâtiments les plus emblématiques de la ville, l’Abbaye aux Hommes qui abrite aujourd’hui l’Hôtel de ville.

C’est à Lanfranc, un moine bénédictin bâtisseur, que Guillaume duc de Normandie confie la construction des deux abbayes. Comme Guillaume était très content de ses services, il lui fera aussi construire une abbaye en Angleterre après la conquête. Si l’abbaye a été modifiée au cours des siècles, l’abbatiale n’en reste pas moins un chef d’œuvre de l’art roman.


Guillaume le Conquérant est enterré dans le chœur de l’abbatiale. Sur la pierre tombale qui date du début du XIXe siècle, on peut lire :
« Ici repose l’invincible Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d’Angleterre, fondateur de cette maison, qui mourut l’année 1087. »


Il suffit de contourner le chevet de l’abbatiale, pour se retrouver dans les jardins de l’Hôtel de ville. On change radicalement de style et on a, face à nous, un magnifique bâtiment du XVIIIe siècle.

Et juste en face, Saint-Étienne le Vieux, une église en ruine qui rappelle les destructions de 1944. On en a vu une autre un peu plus loin, l’église du Vieux Saint-Sauveur.


La place Saint-Sauveur et le centre historique de Caen
À quelques pas, se trouve la place Saint-Sauveur et ses hôtels particuliers. C’est la plus vieille place de Caen. On traverse cette très belle place et on s’enfonce dans les ruelles des vieux quartiers.



L’après-midi, honneur aux dames et visite de l’abbaye
Avant de prendre le château d’assaut, nous changeons de quartier pour aller visiter l’Abbaye aux Dames qui se trouve à l’opposé de celle de Guillaume. L’abbaye a été fondée vers 1060, par la femme de Guillaume, Mathilde de Flandres. Après avoir abrité des religieuses bénédictines, jusqu’à la Révolution française, puis une caserne, un Hôtel Dieu, un hospice, les bâtiments sont aujourd’hui occupés par le Conseil Régional de Normandie.


Consacrée en 1066, l’abbatiale est un chef d’œuvre de l’art roman. Comme Guillaume, qui a été inhumé à l’Abbaye aux Hommes, le tombeau de Mathilde se trouve dans le chœur de l’Abbaye aux Dames. Si l’histoire de Guillaume le Conquérant vous intéresse, d’autres lieux passionnants sont à visiter en Normandie :
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Les chapiteaux de l’abside avec leurs sculptures d’animaux fantastiques sont superbement restaurés. Levez les yeux, vous serez surpris ! En cherchant bien, j’ai fini par trouver celui qui montre Guillaume le Conquérant tenant deux lions en laisse. Et autre étrangeté, vous verrez, il y a des têtes sculptées un peu partout.

L’entrée dans l’enceinte du Conseil Régional est libre. Dans le parc, on retrouve de très beaux bâtiments du XVIIIe siècle. De la butte où trône un majestueux cèdre du Liban, on a une superbe vue sur la ville.

Fin d’après-midi au Château de Guillaume le Conquérant
Guillaume a fait de Caen la deuxième capitale du duché de Normandie après Rouen. Avec lui, le château est devenu une des résidences favorites des ducs de Normandie qui sont aussi rois d’Angleterre. C’est une des plus vastes enceintes fortifiées d’Europe.



Au fil des siècles, le château se transforme. Aujourd’hui, on y trouve : les vestiges du bâtiment d’habitation de Guillaume le Conquérant, ceux du donjon, la salle de l’échiquier (très bien conservée), l’église Saint-Georges et les remparts sur lesquels on peut se promener. Du haut des remparts, on surplombe les vestiges de l’ancien donjon.
Jour 2 / Du Jardin des plantes au Mémorial de Caen
Une journée tout en contrastes : une balade « à l’inspiration » le matin et la visite du Mémorial de Caen, l’après-midi.
Flânerie aux Jardin des plantes
Matinée tranquille. On profite d’un rayon de soleil pour aller faire un tour au jardin des plantes. C’est le printemps, il fait beau et ça fait plaisir de voir la nature qui se réveille.

Dans la partie basse du jardin des plantes, les serres sont ouvertes au public. À l’intérieur, on se faufile au milieu de la végétation. De la salle tropicale aux plantes du désert, on passe d’une ambiance à une autre. C’est fou ce que quelques dizaines de mètres carrés de plantes, de chaleur et d’humidité arrivent à vous transporter d’un bout de la planète à l’autre.

En sortant par le haut du jardin, on a trouvé une autre sorte de jardin assez étonnant : le cimetière dormant des Quatre Nations !
Le cimetière dormant des Quatre Nations
Ce petit bois, envahi de végétation, abrite un vieux cimetière oublié. Il doit son nom au regroupement des tombes provenant de quatre paroisses. L’ambiance y est un peu étrange, calme et bucolique. D’une végétation qui a l’air de pousser en toute liberté, émergent des stèles, des chapelles recouvertes de mousse et des grilles rouillées.


Chaque église ou hôpital possédait, en général, un petit cimetière. Mais en 1780, un décret de Louis XVI ordonne de déplacer les lieux de sépulture hors des murs des villes pour raisons sanitaires. Les quatre paroisses – Notre-Dame de froide rue, Saint-Étienne le Vieux, Saint-Sauveur du marché et Saint-Julien – regroupent alors leurs tombes et créent le cimetière des Quatre Nations, ouvert le 4 avril 1789.
La Seconde Guerre Mondiale au Mémorial de Caen
Cet après-midi, direction Le Mémorial de Caen ! Incontournable musée sur la Seconde Guerre mondiale, le Mémorial propose un parcours chronologique de la fin de la Première Guerre mondiale à la guerre froide. Beaucoup d’objets, de photos et de films et une belle scénographie pour expliquer les événements à tous les publics, même aux plus jeunes.

La façade est sobre et belle. Comme une pierre cassée en deux. On y entre par une faille étroite et on se retrouve dans un grand hall. Un Typhoon, avion britannique (merci au petit panneau !) est pointé sur nous. Sympa l’accueil !!

Devant le musée, la célèbre sculpture du « Revolver noué » sur le socle duquel est écrit « Non-violence » !
Une sculpture identique du même artiste a été installée devant le siège de l’ONU à New York.
Le parcours de visite est divisé en deux : la Seconde Guerre mondiale pour commencer et la guerre froide en seconde partie de visite. Le Mémorial propose aussi des expositions du printemps à l’automne et une superbe librairie où nous sommes allés nous perdre… Pour avoir le choix des horaires d’entrée dans le parcours, il est vraiment recommandé d’acheter son billet en ligne.

Deux films de 20 minutes sont proposés : un film sur le Débarquement du 6 juin 1944 (le grand sujet la région !) et un autre, projeté en 360 degrés, sur le thème de l’Europe au XXe siècle (de Sarajevo à Sarajevo, de la Première Guerre mondiale aux guerres de l’ex-Yougoslavie).


Si vous avez du temps, une journée ou seulement une après-midi, la visite de quelques sites du Débarquement vaut le déplacement. pour vous aider à choisir, vous pouvez lire l’article dédié aux plages du Débarquement du 6 juin 1944.
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Caen, surcotée ou sous-cotée ?
Les + d’un week-end à Caen :
- Le château rénové et les deux abbayes
- Le musée Mémorial de Caen
- Des restaurants et des cafés sympas
- Quelques vieilles rues aux belles boutiques
Les – d’un week-end à Caen :
- La ville manque d’ambiance le dimanche, choisir le marché
Où manger, boire un café ?
- Où manger ?
- Eleene : petit restuarant-boutique proposant une cuisine coréenne simple et de qualité. 14, rue Saint-Laurent, 14000 Caen
- Les Dunes : un cadre chaleureux, à l’intérieur et dans le jardin, pour une cuisine simple et bonne. 30, rue Arcisse de Caumont, 14000 Caen
- Les Petites Douceurs : comme à la maison, des plats simples et bons, une déco chaleureuse. 13, rue aux Fromages, 14000 Caen
- Canaglia : excellente pizzéria napolitaine. Cuisine généreuse aux produits de qualité. 5 rue Écuyère, 14000 Caen
- Abuelo : pour une soirée tapas. Le tout à des prix très abordables. 5, rue Écuyère, 14000 Caen
- Funky Doughny : des donuts aussi bons que beaux. Pour les amateurs… 7, rue de Geôle, 14000 Caen
- Arbuste : pour boire un très bon Latte ou un Americano, dans une bonne ambiance. 4, rue Montoir Poissonnerie, 14000 Caen
- Où dormir ?
- Hôtels, chambres d’hôtes, auberge de jeunesse… on se loge facilement à Caen
Côté pratique
- Voyager jusqu’à Caen :
- En voiture : Caen est à 230 km de Paris. Les parkings sont nombreux et le plus souvent payants.
- En train : Caen est à 2h de Paris.
- Liens vers les sites à visiter :
- À quelle période de l’année ?
- On peut évidemment aller passer un week end à Caen en toutes saisons même en hiver.
- Combien de temps sur place ?
- En 1 journée, on peut visiter le centre historique et le Mémorial de Caen
- En restant 1 ou 2 nuits sur place, on profite des bars et des restaurants et on prend son temps pour découvrir le très riche patrimoine de la ville.
À voir dans les environs…



Sur la carte…
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